Le CODA renouvèle son amour pour le Kakapo

Le CODA renouvèle son amour pour le Kakapo

Syrinx n°7 – Juillet 2018

Surprise ce matin en ouvrant la boite aux lettres, Kuia est arrivée.

Enfermée dans son carton elle a patienté une éternité puisqu’elle a fait le voyage depuis la Nouvelle Zélande (en soute, comme un vulgaire clandestin) jusqu’à nous, soit un trip de 18 739,812 kms.

Ni trou d’aération, ni eau, ni nourriture. Les Néo-Zélandais ont une drôle d’idée du bien-être animal !

Premier bol d’air français pour Kuia

Heureusement il en faut plus pour que Kuia y laisse des plumes. D’abord parce-que contre toute attente Kuia ne porte pas de plumes mais une fourrure en polyester. Comment est-ce possible ?

Nous vous laissons le soin de découvrir ce mystère sur la photo ci-contre.

C’est donc une bonne nouvelle : Kuia, du moins son double en peluche, sera parmi nous lors de notre exposition d’automne.

Elle sera le lot principal de notre tombola !

Le Certificat de ré-adoption (2018)

Notre club, il y a 4 ans a adopté un Kakapo. Ce témoignage d’affection, annuellement renouvelé, entre dans le cadre de notre volonté de maintenir une bio-diversité riche également en dehors des volières. Car c’est seulement en conjuguant les activités d’élevage (ex-situ) et les activités de protection (in-situ) que l’on peut garantir une préservation optimale des espèces, qu’elles soient menacées ou qu’elle ne le soient pas.

L’adoption de Kuia se concrétise par un don monétaire auprès du Kakapo Recovery, le seul organisme officiel de protection et de repeuplement de l’espèce, en Nouvelle Zélande. Notre adoption a contribué à obtenir les premières naissances qui pourraient être la clé de la survie du Strigops habroptila (le nom scientifique de ce perroquet).

Des nouvelles de Kuia

J’ai interviewé brièvement Bronwyn Jeynes, Ranger du département de Conservation.

Bonjour, je représente le CODA. Notre association a adopté Kuia depuis 4 ans. Le 29 septembre nous organisons notre exposition annuelle. Comme chaque année nous allons présenter le Kakapo et votre organisme aux visiteurs, dans le but de rassembler des fonds qui permettront de reconduire l’adoption. Nous savons que cette année est cruciale pour la survie du Kakapo car pour la 2ème fois Kuia est en voie de se reproduire. Il y a 2 ans elle a eu 4 petits, nos lecteurs souhaiteraient savoir comment ils se portent.

Bonjour Denis, comme vous avez pu le constater, Kuia a eu une fantastique année de reproduction en 2016, doublement excitante car ce fut sa première fois ! Au total elle a fait deux couvées, de 3 œufs chacune et tous fertiles ! Malheureusement son premier nid étant trop près de l’océan, elle a été dérangée par des insectes parasites et a finalement cassé 2 œufs. Les quatre autres oisillons ont survécu, il y a un mâle et 3 femelles. Kuia a été assistée par d’autres femelles pour la croissance des 4 jeunes.

Kuia Couve dans son nouveau nid (2016)

Si j’ai bien compris les prochaines années cruciales pour la survie des Kakapos seront dans 4 ans (quand le jeune mâle sera en âge de se reproduire), et 8 ans pour les jeunes femelles. C’est vraiment excitant. Comme ces oisillons sont d’une importance capitale pour l’avenir de l’espèce, allez-vous les lâcher dans la nature ou les conserver en sécurité ?

Tous les Kakapos vivent dans des îles au large, protégées et sans prédateurs, où ils sont maintenus par des membres de l’équipe. Il n’y a aucun Kakapo en captivité. Nous avons découvert qu’ils se comportaient mieux à l’état sauvage. Nous allons probablement transférer le jeune mâle dans une île différente pour éviter la consanguinité et pour disséminer le fabuleux capital génétique de Kuia, mais seulement quand il arrivera à maturité. Techniquement oui les prochaines années cruciales sont dans 4 et 8 ans, dans le meilleur des cas. Beaucoup de facteurs entrent dans le processus de reproduction. Ces années seront-elles des années à “Rimu” (le Rimu est une plante à fructification biennale) ? En outre et pour cette raison cette année 2018 est une année décisive puisque toutes les conditions sont là pour que Kuia transforme l’essai, mais nous misons aussi sur ses 2 frères, Sinbad et Gulliver, qui pourraient à leur tour obtenir une descendance.

Merci beaucoup pour toutes ces précisions. Nous continuerons à suivre les aventures de Kuia et de ses amis et à promouvoir le Kakapo en France.

Retrouvez Kuia et les Kakapos lors de notre prochaine exposition les 29 et 30 septembre à Portes les Valence.

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Denis Pasques

Chargé de Communication pour le C.O.D-A., je suis également membre d'honneur du CCCE, et délégué à la Communication pour l'Union Ornithologique de France. Je suis également administrateur web pour la Région 13 (ROSE), l'Entente Européenne d'Aviculture et de Cuniculture, la SLADO. Je suis enfin webmaster pour la Région 02 (ROEF).

7 réflexions au sujet de « Le CODA renouvèle son amour pour le Kakapo »

Jérôme VUILLAMYPublié le  7:21 - Août 10, 2018

Espérons que tout ce passe bien pour ces quelques rares jeunes, l’avenir nous dira si le maintien en milieu sauvage contrôlé est suffisant pour conserver cette espèce en danger critique d’extinction. Une erreur, un accident climatique, et ce sera la prochaine espèce rayée de la surface de la planète…

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    Denis PasquesPublié le  8:49 - Août 10, 2018

    Le climat, c’est le risque, c’est le Pacifique, On a essuyé un cyclone en Polynésie, je m’en souviens encore. La pandémie aussi, mais dans un moindre risque, puisque disséminés sur plusieurs îles. Cependant un mal mystérieux est là, et pour l’instant aucun traitement.
    Enfin je pense que le braconnage est le plus gros risque. Un oiseau auquel on n’a pas encore pu donner de valeur (il faudrait sonder les compétences du CDE, ils savent donner des valeurs à tout). Un Ara de Spix, on sait pourquoi on n’en aura jamais, c’est une question de fric, on connait sa valeur, mais le Kakapo n’a aucune valeur marchande, on peut considérer qu’il les a donc toutes.
    Quand on voit un tigre de Sibérie dans un salon, on sait que l’homme est capable de tout, sans trembler du menton. Comme dit le poète :
    https://youtu.be/qXCh984CQZw

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Jérôme VUILLAMYPublié le  8:16 - Août 11, 2018

j’aimerai que nous travaillions à un dossier complet sur le kakapo, combien d’oiseaux recensés, le nombre de jeunes chaque année, quels sont les actions menées in-situ par ces association de protection. Quelles perspectives d’avenir pour l’espèce? Il y aurai beaucoup à dire

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    Jérôme VUILLAMYPublié le  8:18 - Août 11, 2018

    Je suis intrigué par ta phrase; “un mal mystérieux”

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    Denis PasquesPublié le  1:47 - Août 11, 2018

    Il y a énormément à dire. Un budget com serait à prévoir pour faire des panneaux pédagogiques. Je compte revoir à moyen terme l’expo du Kakapo. Il faut que je dégotte un écran plat pour commencer, La salle ciné çà ne marche pas, c’est excentré, Cette année on va essayer avec Capitaine Crochu de fusionner son stand avec celui du Kakapo.
    Oui un mal mystérieux. Pour l’instant on ne sait rien de ce “Crusty Butt”, cela se caractérise par une nécrose du pourtour du cloaque (d’où le terme de “Cul croustillant”). C’est contagieux et mortel. Il est clair que la prochaine fois que je contacte le Kakapo Recovery je tâcherai d’en savoir plus.

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Jérôme VUILLAMYPublié le  11:59 - Août 12, 2018

comme quoi il devraient consulter un peu plus d’éleveurs expérimentés, quand j’ai lu dans cet article que les poussins de kuia ont été adoptés par d’autres couples j’ai trouvé cela bien étrange…hou la la ils n’ont pas peur de véhiculer des pathogènes!

ils veulent conserver à l’état sauvage mais n’appliquent pas de mesure de biosécurité qui impose par exemple de laisser crever ( ou de faire des eam) les jeunes mal élevés au nid plutôt que de risquer des échanges peu naturels, dans la nature les jeunes sont élevés uniquement par leurs parents et pas par un autre couple!

même remarque pour le déplacement d’oiseaux d’une île à une autre pour raison de consanguinité, la plupart des virus actuels sont caractérisés par la présence d’individus porteurs sains indétectables par analyse
le seul moyen de lutter efficacement étant un cloisonnement des populations pour éviter toute propagation

c’est tout le problème de la gestion en milieu naturel, cette affection à forcément été propagée par l’homme d’une manière ou d’une autre car elle est aussi présente chez les cacatoes d’élevage en Australie

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    Jérôme VUILLAMYPublié le  12:15 - Août 13, 2018

    je me suis documenté, à oui pas mal pour 156 kakapo recensés il y a eu 26 cas de cette maladie depuis 2002, bien l’avenir de l’espèce est assuré…continuons à refuser l’élevage EAM et la conservation en élevage

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Club Ornithologique Drôme-Ardèche