Archives de l’auteur

La Semaine Verte 2019

Chaque année, le club contribue à la semaine de festivités sur le thème de la nature, organisée par la municipalité de Portes-lès-Valence.

La Semaine Verte

Cette initiative de la commune de Portes-Lès-Valence a pour objectif de sensibiliser la population sur la préservation et l’ajout de valeur à leur cadre de vie, par le respect de l’environnement, le civisme, la pédagogie et le développement d’automatismes pour un mieux être collectif : circuits courts, associations…

Des animations, des expositions, des visites, des ateliers et des initiatives sur le thème de la nature animent cette semaine de réjouissances.

Le programme

Les années passées, nous avions organisé plusieurs animations (conférences, intervention en milieu scolaire, ou encore mise en place de volières dans le hall de la mairie).

Cette fois-ci les membres ont sorti leurs objectifs et se sont essayé à l’art de la photo animalière.

Voici les meilleurs clichés pris pendant les activités du club, ou dans l’intimité, rappelant que la nature est fragile et qu’il est vital de l’observer avec un œil bienveillant.


Informations Pratiques

Semaine Verte de la ville de Portes-lès-Valence

08/04/2019 - 12/04/2019

Semaine Verte de la ville de Portes-lès-Valence
Mairie de Portes les Valence,

Portes-Lès-Valence

Denis Pasques

La Syrinx N°12

n°12 – Mars 2019

Au Sommaire :

 

“Quand on n’a pas ce qu’on aime, on aime ce qu’on a. Comme disait ma grand-mère : Faute de grives, on mange des Merles.”
Expression populaire

Denis Pasques

Des nouvelles fraiches de Nouvelle Zélande

Syrinx n°12 – Mars 2019

Alors que le CODA s’apprête à renouveler l’adoption de Kuïa pour la 5ème fois, les rangers du Kakapo Recovery nous ont adressé leurs dernières nouvelles.

Nau mai, haere mai, Club Ornithologique Drôme-Ardèche.

Une saison des amours précoce et tumultueuse.

On le sait maintenant, le programme de conservation initié par Richard Henry en 1894 commence à donner des résultats, puisque la population de Kakapos augmente de manière significative.

Si bien que ces non-volatiles commencent à être à l’étroit. En ont résulté une tragédie et des désagréments.

Nous déplorons la perte de Piripi, dont nous avons retrouvé le corps sans vie sur Anchor Island. Piripi était un mâle reproducteur, il est mort des suites d’une bagarre, sans doute territoriale, probablement contre Ngatapa, un autre mâle qui présente également des blessures. Cette disparition porte à 147 le nombre de Kakapo adultes au début de la période nuptiale. Période troublée également par la présence de jeunes mâles pas encore en âge de se reproduire, qui sont venus déranger quelques nids. Afin de favoriser les chances, quelques transferts ont été opérés entre plusieurs sites, tout en consacrant l’un d’entre eux aux représentants de l’espèce qui ne sont pas encore fertiles. Malgré tout la saison s’annonce déjà comme exceptionnelle, commencée par la ponte du 1er œuf dès le 18 décembre (un record). Nous recensons aujourd’hui 189 œufs pondus et 37 poussins en bonne santé.

A la quête du Kakapo perdu

Atareta dans son nid – Photo Brodie Philp

Grâce aux chiens nous sommes parvenus à retrouver Félix et Boss sur Whenua Hou. Quant à la jeune Ninihi, elle a été retrouvée par hasard sur Anchor par un membre du personnel, à la recherche de son téléphone égaré. Ces disparitions sont peu courantes et sont l’effet de défaillances des émetteurs placés sur les oiseaux.

Toutes les chances de leur côté

Tableau des nids

Étant donné la précocité de la saison des amours, nous avons mis l’accent sur l’incubation artificielle, en prélevant une grande quantité d’œufs dans les nids. Pour les femelles les moins compétentes à élever les petits, nous avons placé des œufs factices, Pour les autres nous avons fermé les nids. La conception d’un nouveau nid stimule les femelles pour la reproduction. Ce qui pourrait permettre une seconde vague de ponte. Tout cela semble bien fonctionner pour le moment puisqu’on a pu constater que les femelles reprenaient le chemin des sites d’accouplement, pendant que les premiers poussins naissent dans les labos. D’autant que l’année est sous le signe de l’abondance en ce qui concerne le rimu (le fruit dont les kakapos sont extrêmement friands).

Kuïa quant à elle a pondu 4 œufs qui se sont révélés infertiles, mais Trois petits ont déjà éclos d’une deuxième ponte.

Soutien technique

Oeuf intelligent – Photo Stu Cockburn

Cette année encore, nous déployons un grand renfort de moyens, notamment dans le domaine de la localisation, de l’observation, et du prélèvement d’échantillons. En amont de la période de reproduction nous avons placé 37 transmetteurs GPS sur la population de Whenua Hou, plus précisément sur 18 mâles et 19 femelles en âge de se reproduire. Nous sommes plus que jamais témoins de leurs allées et venues, leurs interactions, leur capacité à élever… Plusieurs nids disposent également de capteurs à l’entrée et des caméras dissimulées dans des œufs factices nous transmettent des images en direct.

Sinbad et le Drone – Photo Andrew Digby

Mais la grande avancée, c’est l’utilisation de drones. Ils ont montré leur efficacité dans le transfert d’échantillons de semence ou d’œufs à incuber. Là où il fallait auparavant plusieurs heures les prélèvements rallient le laboratoire en une 10aine de minutes. Un temps gagné indéniable sur le transport, mais il faut également prendre en compte une meilleure réussite des prélèvements. Ces données nous ont également permis de déployer la nouvelle base de données, capable d’accueillir beaucoup plus de détails et se focalise également sur le recueil des informations en rapport avec la saison de reproduction.

Et le moral

Il est bon. Sirocco vient de revenir de sa tournée à l’Orokonui Ecosanctuary où il a rencontré 1500 admirateurs et a pu les sensibiliser sur le sort de l’espèce. Il a regagné son territoire où il va entamer des vacances d’une durée d’au moins 2 ans. Par ailleurs, notre équipe est renforcée par des volontaires, venant nous prêter main forte pour l’été (hémisphère sud).

Komaru qui était parti se faire soigner de son cloacitis au Zoo d’Auckland, est revenu en bonne santé et a repris son poids de forme. Il a pu reprendre ses activités très vite, se jetant à corps perdu dans son violon d’Ingres : compter fleurette. En effet depuis son retour se sont plusieurs femelles qui sont tombées sous son charme.

Notre partenaire Meridian qui nous a permis le financement des œufs intelligents et nous assure le bon fonctionnement du matériel électrique, a lancé une campagne de recrutement particulière. Il s’agit de trouver un saxophoniste inspiré pour stimuler la libido des oiseaux. Ce qui donne une ambiance particulière aux montagnes environnantes.

L’année prochaine on suspendra des boules à facettes !

Our national partners of the Kākāpō Recovery Programme, Meridian Energy, have always been passionate about these quirky parrots. With their help, we've developed some cutting-edge technology like 3D-printed smart eggs. This breeding season, they’ve been trying something a bit different help the kākāpō. Check it out in the video below 🎷A big thank you to Ngai Tahu for their continued support of Kākāpō Recovery.

Posted by Department of Conservation on Wednesday, 13 February 2019

 

Un cadeau pour nos mécènes.

Vous pouvez visiter le sanctuaire des Kakapos, nous avons mis en place une visite guidée des territoires. Vous pouvez explorer à votre guise, peut-être y ferez vous de belles rencontres. Cette visite est disponible par le lien ci-dessous. Pour profiter de cette expérience, vous devez installer Google Earth (Installer) ou utiliser le navigateur chrome.

Rendre visite aux Kakapos

 

Denis Pasques

La Syrinx N°11

n°11 – Février 2019

Au Sommaire :

 

“Si l’amour ne causait que des peines, les oiseaux amoureux ne chanteraient pas tant.”
Philippe Quinault

Denis Pasques

De l’Eclectus, ce que je sais, ce que je crois

Syrinx n°11 – Février 2019

Denis et Marvin

Je ne disposais pas d’un lieu aux dimensions propices à l’extension quand j’ai effectué mon retour à l’élevage d’oiseaux. Dans un espace restreint on doit se concentrer sur un nombre faible d’espèces ou faire des erreurs. J’ai fait les deux en commençant par les bourdes : volière collective, impatience… Donc cette reprise s’est surtout ponctuée par des pertes. Je parle de retour à l’élevage parce-qu’étant plus jeune, j’ai eu différentes espèces : ondulées, calopsittes, puis un Faucon crécerelle, un Martin triste, et enfin un Corbeau. Je me suis donc vite limité à un nombre d’espèces faible, Youyou et Eclectus, pour enfin me consacrer qu’à une seule. Et pourtant j’aurais tant aimé élever dans l’ordre Ara Canindé, Perruche cornue, Mainate…

Une seule espèce, mais pas n’importe laquelle !

Les îles Aru

Les oiseaux que je maintiens en milieu contrôlé sont les représentants d’une sous-espèce que l’on trouve dans les îles Aru, au Nord/Nord-Est de l’Australie, entre l’Indonésie et la Papouasie. Ils reproduisent suffisamment bien pour que je me charge simplement de baguer les petits.

Ahu’Ura (la mère) et Manuarii (le père) partagent …ou se disputent… une volière en “L” leur permettant d’avoir leur intimité,

Ahu’Ura & Manuarii

C’est à dire avoir un espace suffisant pour passer du temps sans être à la vue de son partenaire. Même si la conception de cette volière est due d’avantage à un souci esthétique et pratique répondant à l’exiguïté du jardin, je trouve que c’est une coïncidence très bien venue. Une volière supplémentaire, plus petite mais ayant accès à notre tonnelle fermée héberge Néréa, la jeune fille qui atteint ses 2 ans et que vous connaissez maintenant puisqu’elle est présente à l’expo du CODA depuis qu’elle est née, et sera certainement encore parmi nous en septembre prochain. Élevée naturellement par ses parents, elle est l’objet d’une expérience visant à la rendre apprivoisée par la confiance.

Un ami qui n’est plus parmi nous, et je le regrette bien car je vais le contredire sur ce sujet en son absence, avait dit qu’ils les trouvaient apathiques au point d’en être idiots.

Au départ on m’a décrit l’animal comme ayant le plus mauvais caractère de tous les perroquets, d’un naturel calme mais au cri aussi puissant que désagréable, peu destructeur, sachant parler. Évidemment on a évoqué l’organisation matriarcale de la société Eclectus, son penchant pour les fruits et son dimorphisme sexuel (qu’au-début-on-a cru-que-c’étaient-deux-espèces-distinctes), de ses 10 sous-espèces introuvables, que la femelle était polygame…

Il est temps de balayer quelques idées reçues

Je vais tâcher de vous présenter l’Eclectus différemment, sans légende urbaine, sans on-dit, mais sur des faits, des observations auxquelles j’ai été témoin ou que plusieurs chercheurs ont rapporté. Ces observations sont malheureusement limitées à l’étude des travaux des Dr. R. Marshall et Dr. R. Heinsohn (observation en biotope) et ne sauraient être exhaustives. Mais cela permet quelques déductions, et celles-ci me paraissent suffisamment surprenantes pour que je les partage.

Par quoi on commence ?

L’Eclectus en captivité, on dirait qu’il s’économise. Vous pouvez passer devant la volière plusieurs fois par jour sans qu’il n’ait bougé d’un iota. À croire qu’il ne bouge que pour être le premier sur la gamelle. C’est plutôt vrai, c’est un oiseau qui passe le plus clair de son temps à observer …analyser… et ne se déplace que quand c’est nécessaire.

C’est la même chose pour le cri.

Un cri puissant

Il dispose effectivement d’un moyen de communication très puissant, et sait le rendre encore plus désagréable si son besoin est insistant. A la limite du diabolique ! J’habite en plein cœur d’un village et on entend les miens dans un rayon de 3kms à vol d’oiseau. Pourtant je n’ai en 10 ans reçu aucune plainte. La plupart des gens ne savent même pas qu’il y a des perroquets dans le secteur. Car en fait, ils n’abusent pas de ce moyen de torture. Juste le nécessaire, un peu le matin, un peu le soir, un peu quand la gamelle tarde, un peu quand quelque chose les dérange. Le reste du temps ils sont parfaitement silencieux ou échangent avec une grande variété de grincements qui en dit long sur la richesse de leur vocabulaire. Et là je ne parle que des sons sauvages, propres à l’espèce, je ne parle pas des imitations, des sifflements qu’ils utilisent pour m’interpeler. Le reste du temps ils font la sieste… Cela en fait par conséquent des oiseaux assez calme…

Dans la volière on se rend tout de suite compte d’un truc bizarre.

La femelle hors de période de reproduction, ne se laisse pas approcher par son partenaire, possède ses perchoirs attitrés, est la première aux gamelles. Bref elle domine, au point qu’on pourrait lire la soumission dans les yeux du mâle. Aru est peu joueuse, elle est par contre très curieuse. Je l’ai surtout remarqué quand je bricole dans la volière.
Ces interventions doivent être très courtes, elle même m’invitera à ne pas m’éterniser. Je suis dans son territoire, elle me tolèrera une 20aine de minutes, après quoi elle commencera a être menaçante, à moins que je n’oublie pas de lui témoigner mon affection avec une gestuelle que nous avons convenu ensemble.
En dehors de çà, elle sait défendre son nid avec force et insistance. La femelle est très territoriale dès le moment des premiers amours réussis, Et cette territorialité ne s’arrêtera que quand elle se sera fortifiée dans son nid. Nid qu’elle occupe tout le long de l’année, qu’elle veuille reproduire ou non. C’est sa maison.

Manu lui est très joueur à partir du moment où il y a une récompense à la clef, il sait résoudre des jeux un peu compliqués pour obtenir un cerneau de noix. Il est resté très imprégné à l’humain, mais je ne le sollicite pas à se percher sur mon bras. Il n’est absolument pas agressif. C’est le SDF de la volière, il n’aura pas accès au nid, cantonné à monter la garde devant. Il n’aura le privilège d’y pénétrer que quand elle lui autorisera l’accès, c’est à dire quand elle sera disposée. Il perdra ce privilège à partir du moment où le rejeton sera en âge de prendre son envol, à moins que madame n’en profite pour remettre les couverts.

Un jeune mâle

L’Eclectus se reproduit en toute saison.

Il est nécessaire de fermer le nid pour éviter l’épuisement. Ce qui contrarie extrêmement Aru. Contrarier un Eclectus il ne faut pas ! Aru est parvenue à percer une paroi du nid et a relancé l’exploitation ! Ainsi naquit Néréa.

Je ne pense pas que l’Eclectus ait particulièrement un mauvais caractère, la contrariété peut le rendre agressif.

Dans un cadre général on ne peut pas dire qu’il soit non plus destructeur. Par ailleurs, il utilise une gestuelle expressive afin de déclarer le mécontentement et prévenir du risque encouru de s’obstiner à faire quelque chose qui ne lui plait pas. A force d’observation j’ai appris à comprendre quelques postures, qui m’indiquent son humeur.

Polygame ?

Tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que je commence à me renseigner sur les observations dans la nature, et plus particulièrement au travers des rapports du Dr Marshall et ceux du Dr Heinsohn. C’est notamment grâce à des observations préliminaires de leur part que certains éleveurs ont choisi de reproduire les Eclectus en volière communautaire. Ils avaient à l’époque constaté que les mâles à l’état naturel coopéraient afin d’apporter la nourriture nécessaire pour alimenter tous les nids du territoire. On en a déduit que la femelle était polygame, puisqu’on pouvait voir plusieurs mâles alimenter le même nid. Plus récemment le Dr Marshall a suivi une population d’Eclectus, a analysé leurs allées et venues pour démontrer que ce singulier comportement était d’avantage nourri par l’entraide entre mâles que par la polygamie.

Dans cette série de vidéos (38 clips de moins d’1 minute chacun) le Dr Marshall explique ses observations : les mâles ont un point de ralliement, puis se dispersent vers des lieux riches en nourritures spécifiques. Il font ensuite leur tournée. ils s’échangent les lieux d’approvisionnement, de façon à fournir tout le long de la journée une nourriture très diversifiée, pour un effort réparti sur tous les mâles. Et quel effort puisque certains lieux d’approvisionnement peuvent représenter un voyage de 80kms. Dans le programme quotidien une bonne partie du temps est également consacrée à protéger le nid. L’Eclectus est en compétition avec les Cacatoès à huppe jaune et les Cacatoès microglosse ce qui expliquerait la vaillance à toute épreuve d’Aru pour défendre sa volière.

Le Dr Heinsohn quant à lui a fait une découverte encore plus sensationnelle.

Une cruauté sans limite ?

Quand les conditions ne sont pas propices la femelle peut exécuter l’un de ses petits, au nid, et surtout les mâles.

Pourquoi ? Deux raisons à cette tragédie, la première est que les jeunes femelles sont plus vite autonomes (elles s’envolent du nid 7 jours plus tôt en moyenne que les mâles), c’est donc une volonté de réussite. La seconde est l’équilibrage du sex-ratio. Autrement dit, les mères nichant dans des conditions défavorables se concentrent sur l’élevage des femelles, tandis que celles nichant dans des conditions optimales auraient plus de chance de produire des mâles.

Parrot kills male babies to save females

il a été admis que les perroquets pouvaient contrôler le genre de leur progéniture.

On s’est aperçu que les mères en milieu peu propice donnaient la vie à d’avantage de femelles. Grâce à ce comportement il est capable d’affronter les pires conditions climatiques. Le professeur peut en conclure que l’espèce n’est pas en danger et peut poursuivre ses recherches qui vont s’orienter maintenant vers l’étude de l’impact des conditions climatiques sur le contrôle des genres, aussi bien pour les femelles que pour les mâles.

Il n’en reste pas moins vrai que sur le papier l’Eclectus devrait subsister, malgré la détérioration climatique. Cependant, la région dans laquelle il vit est la proie de la surexploitation d’huile de palme, pour le compte de multinationales, comme Ferrero ou encore Total, réduisant son biotope comme peau de chagrin. Tony Silva a affirmé sur le sujet que tous les oiseaux de cette région, pour qu’ils aient une chance de ne pas disparaitre devaient avoir un grand nombre de leurs représentants préservés en milieu contrôlé. 

Des nouvelles extraordinaires qui me poussent à émettre une hypothèse.

Néréa

Étant donné l’instinct casanier de la femelle, notamment durant la reproduction, et fort de l’observation de l’équilibrage du sex-ratio, il y a par conséquent des informations qui se transmettent entre les nids et les mâles en sont forcément les vecteurs. Avec un tel pouvoir ne serait-ce pas les mâles qui seraient les commanditaires de ces exécutions ? Ce qui vous en conviendrez ne serait pas tant matriarcal que çà. Les mâles ne seraient que les exploitants d’une usine à bébés à ciel ouvert.

Débiles profonds ou surdoués ?

Bien que parfois macabre, cette organisation n’en est pas moins plus que remarquable, et d’une efficacité rare dans le milieu animal. C’est incontestable. Je contredis donc avec satisfaction mon regretté ami. Je suis certain qu’à la lecture de cet article, il serait tombé d’accord avec moi.

Quelques remarques sur la digestion

Je vais laisser le mot de la fin (ou presque) au Dr Marshall.

Dans la série de vidéos illustrant cet article, il analyse le système digestif ainsi que le régime alimentaire de l’Eclectus et les compare aux espèces granivores et nectarivores. Composé majoritairement de fruits (également quelques graines), ce dernier est naturellement riche en sucres et pauvre en protéines. Ces aliments sont rapidement assimilés, il est préconisé d’appliquer un régime identique en captivité dans la variété des repas et des roulements, pour une digestion parfaite.

Vous souhaitez en savoir plus sur Manuarii et Ahu’Ura ?

Retrouvez-les sur leur page Facebook

 

Denis Pasques

La Syrinx N°10

n°10 – Janvier 2019

Au Sommaire :

 

“Les animaux sont entre nos mains le gage du paradis perdu”
Léon BLOY

Denis Pasques

Le CODA fait sa sortie Vautours

Syrinx n°10 – Janvier 2019

[photo : Jean-Christophe Courtial]

Au fur et à mesure de l’échéance, çà trépignait ferme dans les rangs du CODA.

Les partipants [photo : Jean-Christophe Courtial]

Cela faisait quelques mois maintenant que la sortie était programmée, et malgré le froid prévisible, ce sont plus d’une vingtaine de nos adhérents qui étaient impatients.

Visiter les Baronnies en hiver, bien que l’endroit soit pittoresque, n’est pas le genre d’activité qu’on rêve de faire, sauf si on est raide dingue des oiseaux. Michel a recommandé cette période de l’année pour effectuer un safari photo. C’est la saison des amours, et on aura des chances de voir quelques vols nuptiaux. Et puis l’air reste frais longtemps et retarde leur premier envol. On peut s’attendre à un fameux spectacle.

Les Baronnies sont le logement des 4 espèces européennes : le Vautour fauve (Gyps fulvus), le Vautour moine (Aegypius monachus), le Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) et le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus). Seul le percnoptère est migrateur, nous n’avions aucune chance d’en apercevoir un en cette saison.

Le fauve est de loin le Vautour le plus présent aux Baronnies. Depuis 1996, année de leur réintroduction, ils se sont multipliés et on dénombre 200 couples reproducteurs tournoyant au dessus des têtes des habitants. Les 2 autres Vautours ont profité de la présence de leur cousin pour revenir occuper les lieux. Le Gypaète quant à lui a été réintroduit en 2016.

 

Mauvais présage ?

Depuis toujours le Vautour est de mauvaise augure. Que ce soit dans la tradition occidentale ou orientale, la littérature, etc.., il semblerait que le monde entier assimile l’apparition d’un Vautour à un événement dramatique. Étymologiquement, son nom provient des latins vultur, vellere qui signifient ” l’arracheur, le ravisseur “, il a la même racine que le verbe voler (dérober). Autant dire qu’il ne part pas avec une bonne image, ce qui ne facilite pas sa réputation. Plus récemment on retrouve l’animal accompagnant le croque-mort ou assistant à l’exécution d’un duel ou d’une pendaison dans les pages de Lucky Luke.

Comme souvent la “sagesse populaire” a tort. Ni “faucheuse”, encore moins “dame blanche”, ces animaux sont tout à fait pacifiques et suffisamment opportunistes. Tous nécrophages, ils ont chacun leur préférence et agissent donc en véritable station d’épuration de campagne, équarrissant toute les carcasses, tous les cadavres à leur portée. Ils sont d’une utilité plus que notable, leur régime alimentaire constitue un obstacle à la propagation des virus, bactéries et autres agents infectieux dans le milieu ambiant. Après le passage il ne reste rien, pas même les os.

C’est le moment de rappeler à certains individus, du genre de ceux qui leur tirent dessus, vous voyez de qui je parle, que contrairement à eux, ils n’ont pas l’instinct du tueur. Ces oiseaux n’ont pas les serres adéquates pour saisir du bétail et s’enfuir avec (il leur est impossible de transporter une branche pour leur nid avec elles et doivent utiliser leur bec). Leur réputation proviendrait du fait qu’ils pourraient saisir l’opportunité de disputer une proie abattue par un chasseur. Son bec menaçant n’a que la vocation de découper les charognes. Si ces arguments n’ont pas suffi à montrer l’utilité et le caractère inoffensif de l’animal, j’invite tous ces furieux de la gâchette à aller jouer aux cymbales avec un défibrillateur.

Mais ce n’était pas non plus une raison pour nous péter dans les pattes.

La côte pour atteindre le Rocher du Caire est un peu rude, et la progression sur place se fait au raz de la falaise, sur un chemin rocailleux et escarpé. Mais l’effort est mérité, nous voici aux premières loges, dominant Rémuzat. Nous avions prévenu (et fait signer une décharge) nos membres les plus intrépides que tout accident entrainerait l’abandon pur et simple de la victime, après l’avoir si besoin achevée et dépouillée de tous ses biens, dans un souci de respect de la nature et des traditions. Malheureusement tout le monde est revenu sain et sauf.

[photo : Myriam Bastancig]

On n’était pas au bout de nos déceptions.

La météo nous a épargné la pluie (ou la neige), les températures étaient fraiches et des coups de vents nous ont rappelé régulièrement de bien s’emmitoufler les proéminences. (Les participants ont été régulièrement informés sur les prévisions météos toute la semaine avant l’événement). La fraicheur a surtout retardé l’envol des Vautours. Seuls quelques dizaines de Vautours fauve nous ont fait l’honneur de tournoyer et prendre de l’altitude face à nous. Enfin nous n’avons pu observer ni Vautour moine, ni Gypaète barbu.

Maintenant c’est que du bonheur.

Il n’a pas fallu beaucoup de temps avant d’apercevoir le premier représentant prendre son envol depuis une anfractuosité de la falaise, en contrebas. Il a tournoyé à la recherche d’un courant ascendant. Une fois pris dans ce courant, il a commencé à s’élever pour atteindre notre hauteur, et s’élever encore et encore, sans un battement d’aile. Je ne ferai pas ici un descriptif de l’oiseau, vous trouverez sur Wikipedia tout ce qu’il y a à savoir. Personnellement je ne me souviens que de son envergure imposante et son aérodynamisme. Au fur et à mesure de la matinée s’est succédé ce spectacle, interprété parfois par une petite dizaine de ces majestés.

Le banquet [photo : Jean-Christophe Courtial]

Vers midi nous les avons quitté, allant à notre tour nous livrer si je puis dire à notre activité de charognard. Direction Villeperdrix. Le Moulin du Château est l’auberge du village, on est accueilli dans une salle voutée où trône en son milieu un moulin à huile. Un banquet a été dressé pour nous par Jérôme et Elsa, les propriétaires des lieux. Concocté avec des produits du terroir, parfumé avec des secrets de famille, et sous la bienveillance du cuisinier et la générosité de la patronne. nous avons à l’unanimité savouré ce repas, placé sous le signe de la cordialité, et éclairé par la douce aura de nos hôtes. Inutile de dire que si vous passez par là, vous ne pouvez pas ne pas vous y arrêter. Mais pensez à réserver, sinon çà risque d’être compromis.

Enfin le comité s’est scindé après le repas, contents d’avoir vécu cette journée, et des souvenirs à partager. Une vingtaine de Vautours nous contemplaient, tournoyant au dessus de nous. Mauvais présage ?

A peine arrivé à la maison, Grégory, Myriam, Jean-Christophe, Marc, Sylvie, Jean Noubli, avaient saturé ma messagerie et mon réseau social de photos magnifiques dont quelques unes que vous retrouvez ici. Ce qui prouve que tout le monde avait bien regagné ses foyers. Ce n’était pas un mauvais présage, j’y vois plutôt de la bienveillance.

Cette journée a été l’occasion de rencontrer une nouvelle parmi nous : Céline Sachet.

Merci à tous pour avoir soutenu et m’avoir accompagné dans ce projet. J’ai cru comprendre que vous aviez été comblés par cette aventure. Çà tombe plutôt bien, nous n’avons pas pu observer tous les Vautours des Baronnies. Il en manque 3. Personnellement j’aime bien collectionner. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part il est hors de question que cela reste ainsi. On en reparle ?

Bilan carbone individuel

220kms x 6 véhicules / 21 personnes = 0.014tonnes* de CO2

* Calculé sur l’émission d’un scénic 2 ! Oui, c’est à la louche !

Budget par participant : 11€

Denis Pasques

La Syrinx N°9

n°9 – Décembre 2018

Au Sommaire :

 

“La différence qu’il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c’est que de temps en temps les oiseaux s’arrêtent de voler !”
COLUCHE

Denis Pasques

La saison des amours des Kakapos va commencer

Syrinx n°9 – Décembre 2018

Dans quelques semaines, et durant toute la saison, la nuit retentiront les appels des mâles à travers les vallées des îles sanctuaires des Kakapos.

C’est une ambiance qui m’inspire les brames dans nos forêts et que je rêve avoir l’occasion de comparer.

O kakapo!

Pubblicato da Lucia Machado su Mercoledì 4 luglio 2018

C’est aussi l’occasion de reprendre contact avec les rangers du Kakapo recovery, en particulier Bronwyn Jeynes qui répond toujours à mes questions.

Kia ora Club Ornithologique Drôme-Ardèche, nous sommes navrés pour votre longue attente afin d’avoir des nouvelles des Kakapos, mais à notre décharge beaucoup de péripéties ont rendu la vie au sein de l’équipe quelque peu mouvementée.

Je me suis laissé dire que tous les indicateurs sont au “vert” pour la saison de reproduction, cette année.

C’est exact, Nous prévoyons une saison de reproduction énorme, peut-être dans les trois îles, cet été (Nota : L’été dans l’hémisphère sud commence le 21 décembre). Nous sommes donc en train de planifier et de recruter pour cela. Notre équipe double en nombre durant la saison de reproduction et plusieurs centaines de personnes : volontaires, vétérinaires, équipes de cinéastes et divers spécialistes franchissent nos portes pour nous encourager. La reproduction va réellement commencer début janvier alors prenez bien la précaution de nous suivre sur nos réseaux sociaux (Facebook) et de vous être inscrit à notre newsletter, vous restez ainsi informé des dernière nouvelles au fur et à mesure des événements ! Nous avons très récemment entrepris l’escalade printanière sur Whenua Hou et et avons pu constater que 40% des arbres avaient fructifié ! (Nota : Ce qui est une condition primordiale pour la réussite de la saison de reproduction).

Cette excellente nouvelle ne poserait-elle pas de nouveaux objectifs à l’équipe présente ? Le mâle a besoin d’un territoire spacieux et votre territoire propice est plutôt limité.

À l’issue de la saison nous aurons à réfléchir sérieusement sur l’expansion géographique du Kakapo. Comme la population augmente continuellement nous sommes confrontés au challenge de leur trouver de nouveaux territoires propices, et aussi de prendre les décisions nécessaires pour adapter les efforts à faire pour prendre soin d’une population toujours plus grande.

Quelles sont les actualités notables de cette année ?

En septembre 1600 personnes sont venues visiter Sirocco alors qu’il était présenté à l’éco-sanctuaire d’Orokonui. C’était vraiment impressionnant de rencontrer autant de gens enthousiastes et de faire partie de l’incroyable expérience de voir un Kakapo en chair et en os.
Nous avons également des tonnes de nouvelles technologies, notamment une toute nouvelle base de données en préparation. Celles-ci nous permettront, grâce à un meilleur outil de gestion, de recueillir et d’exploiter plus facilement toutes les observations, nous pourrons ainsi mieux comprendre l’activité des oiseaux durant la saison de reproduction avec une précision sans précédent.
Nous avons également installé des émetteurs GPS à un grand nombre de mâles afin de pouvoir suivre leurs mouvements pendant la préparation de leurs réseaux de sentiers, de leurs cuvettes, et établir leurs territoires en vue des accouplements à venir.
A ce jour nous avons complété le séquencement des génomes de 169 spécimens. Il en résultera des recherches sur les causes potentielles et le traitement de la cloacite (Nota : maladie du “cul croustillant” que nous avons évoqué dans cet article), ainsi que la relation entre les Kakapo et le rimu.

En matière de couverture médiatique vous avez mis les petits plats dans les grands…

Oui, nous espérons que vous avez apprécié notre collaboration avec Sir David Attenborough, le réalisateur Scott Mouat (retrouvez son film en bas de cet article) et l’équipe qui a donné notre Google Voyager Story (disponible sur Google Earth). L’écrivaine Alison Ballance a entièrement révisé son fameux et fantastique livre sur les Kakapos, nous avons ouvert notre nouveau site internet, et vous pouvez désormais nous retrouver sur Instagram !

Avez-vous un état de santé de chacun de vos protégés ?

Nous avons récemment terminé notre revue annuelle des spécimens, par un bilan santé individuel et le remplacement de leur transmetteur, qui impose de les capturer tous, un par un. Nous avons trouvé deux cas bénins de cloacitis et déplorons le décès de Jane. Nous avons toujours pensé que Jane était la doyenne du groupe, qui avait été baptisée par Douglas Adams. Pour le reste il semble que la population soit en excellente santé, une bonne quantité présentant des signes de prise de poids significative laissant indiquer qu’ils se préparent à l’accouplement cet été.

Kuia dans son terrier [photo : ranger Brodie]

Des nouvelles de Kuïa ?

Nous avons trouvé Kuia dans un terrier sous des racines d’arbres sur une pente douce et moussue. Une entrée étroite menait à une chambre creuse ouverte. Elle était sur le côté, hors de l’eau et de la boue qui étaient sur le sol. Elle s’assit simplement et regarda le garde forestier Brodie monter et prendre quelques photos d’elle. Elle est restée calme jusqu’à ce que Brodie s’en saisisse. Le seul cri qu’elle fit pendant toute la procédure fut quand on l’a sortie de son terrier. Elle était extrêmement calme et s’est laissée manipuler. Nous avons pu lui faire une prise de sang sans difficulté. Un robin est venu assister à moins de 30cms de nous au changement d’émetteur, ce qui n’a pas perturbé Kuïa. La petite bosse sur son dos, remarquée l’an passé, est toujours là mais semble avoir diminué et n’a pas l’air de la gêner. Lorsque nous l’avons relâchée, elle a couru le long d’une souche avant de trottiner lentement vers le sommet, disparaissant dans le sol épais et moussu.

Merci Bronnie pour toutes ces précieuses informations.

Comme toujours, merci pour votre soutien et votre fidélité.
Kind regards, Bronnie

Kuia durant son bilan santé annuel [photo : ranger Jake Osborne]

The unnatural history of the Kakapo (réalisé par Scott Mouat)

 

Denis Pasques

La Syrinx N°8

n°8 – OCTOBRE 2018

Au Sommaire :

 

“Tirez sur tous les geais bleus que vous voudrez, si vous arrivez à les toucher, mais souvenez-vous que c’est un péché de tuer un oiseau moqueur.”
Nelle Harper Lee

Denis Pasques
Club Ornithologique Drôme-Ardèche